Trouble Bipolaire

Bipolarité test en ligne, comment savoir ?

Bipolarité test en ligne

Comment savoir si on est bipolaire ? Faire un test en ligne, demander à un psychiatre ?

Diagnostiquer les troubles bipolaires

Le trouble bipolaire met en moyenne 8 à 10 ans à être diagnostiqué correctement après sa première manifestation.

En effet, comme nous l’avons évoqué dans l’article “Le spectre bipolaire”, le trouble est divers. Dans les cas des types 2 à 4, il peut facilement être confondu avec les dépressions unipolaires.

Origine des retards de diagnostic

Il y a plusieurs raisons à cela.

L’absence de recours au médecin en phase d’hypomanie

La première est qu’on ne vient généralement pas se plaindre de ses hypomanies auprès d’un psychiatre. Lorsqu’on la vit, on a tendance à la considérer comme positive, ou quelque chose d’anodin, car ses symptômes sont socialement acceptables. On a l’impression de mieux fonctionner et en tant que patient on ne fait pas intuitivement le lien avec la dépression. 

Je pense aussi, d’expérience, que certains de ses aspects tels que la libido accrue, ou l’irritabilité ne sont pas toujours faciles à évoquer spontanément auprès de son psychiatre.

Le manque de recherche d’antécédents d’hypomanie

La deuxième raison est que les psychiatres non spécialisés (et par extension les généralistes) ne recherchent pas de façon systématique des antécédents d’hypomanie. Ce qui a pour conséquence que de nombreuses dépressions bipolaires sont confondues avec des dépressions unipolaires.

La définition stricte du DSM IV, excluant le trouble “atténué”

Enfin la troisième raison est que le DSM IV - livre de référence en terme de diagnostic des maladies psychiatriques - prend peu en compte le trouble bipolaire “atténué”. Les critères diagnostiques sont stricts surtout en terme de durées de symptômes (par exemple on ne parle d’hypomanie dans le DSM IV que si les symptômes d’hypomanie durent plus de 4 jours).

Même si, depuis les années 90, de nombreuses recherches se sont penchées sur les formes atténuées de la bipolarité (Type 2, 3, 4 et cyclothymie), les outils diagnostiques pour ces formes étaient encore en cours de construction et donc loin d’être démocratisés. 

De ce fait, le DSM V, paru en 2015 en France, a gardé identique les critères de diagnostic du type 2 et n’évoque toujours pas les types 3 et 4.

Qu’est-ce qu’un (bon) outil de diagnostic ?

L’enjeu majeur pour un outil de diagnostic est d’associer sensibilité (le fait de ne pas laisser de côté des cas positifs - appelés faux négatif) et spécificité (le fait de ne pas confondre avec un cas positif, un cas qui serait en fait négatif - faux positif).  En psychiatrie, ces outils sont souvent sous forme de questionnaires. 

Le problème avec la bipolarité, c’est qu’on n’a pas d’observations physiques formelles pour déterminer si un patient est bipolaire ou pas. 

Pour les diagnostics de cancer du sein, on finit par vérifier la présence réelle de cellules cancéreuses qui permettent de valider l’outil de diagnostic. Dans le cas de la bipolarité on ne peut aller observer le cerveau pour aller voir si l’outil de diagnostic s’était trompé ou pas.

Et ça se complique encore quand on veut démontrer la pertinence de nouveaux types de bipolarité.

Les chercheurs ont plusieurs possibilités pour juger de la fiabilité d’un outil de diagnostic :

  • comparer leurs résultats avec d’autres outils de diagnostic (qui ne sont donc pas forcément infaillibles surtout si le but est d’être meilleurs que ceux existants déjà, ou de diagnostiquer un nouveau type de bipolarité)
  • explorer l’historique familial : si le patient détecté comme bipolaire a des antécédents familiaux typiques des bipolaires cela sera un indicateur de validité du diagnostic
  • vérifier la cohérence des résultats entre eux 
  • vérifier que les résultats ne changent pas en fonction du médecin qui l’utilise
  • vérifier que les résultats sont stables dans le temps pour un même patient

Des pistes explorées pour améliorer les diagnostics

Un questionnaire rapide: le Mood Disorder Questionnaire (MDQ)

Une des pistes explorées par les chercheurs pour faciliter le diagnostic de la bipolarité fût de créer un questionnaire court pour filtrer les personnes souffrantes potentiellement de troubles bipolaires, et permettre aux praticiens de différencier les dépressions unipolaires de celles liées à un trouble bipolaire.

Ce questionnaire s’appelle le MDQ - Mood Disorder Questionnaire -  et fût développé dans les années 90.

Ce questionnaire a l’avantage d’être très rapide, car il se complète en 5 minutes. Il a une bonne sensibilité au trouble bipolaire de type 1. Mais il détecte mal la bipolarité de type 2, ou les patients ayant peu conscience de leurs symptômes.

Le test MDQ (Mood Disorder Questionnaire)

Durée de 5 minutes

Question 1 (entourez la phrase si votre réponse est OUI)

Avez-vous vécu une période durant laquelle votre état d'esprit était inhabituel et vous vous sentiez si bien ou si hyperactif que les autres trouvaient que cela ne vous ressemblait pas ou encore que votre hyperactivité vous a attiré des ennuis ?

  • Vous étiez irritable au point de crier après les gens ou de commencer des disputes ou des bagarres
  • Vous aviez beaucoup plus confiance en vous que d'habitude
  • Vous dormiez beaucoup moins longtemps que d'habitude, sans que cela ne vous dérange vraiment
  • Vous parliez plus rapidement ou beaucoup plus que d'habitude
  • Vos pensées défilaient rapidement dans votre tête ou vous n'arriviez pas à ralentir vos pensées
  • Vous étiez si facilement distrait par votre environnement que vous n'arriviez pas à vous concentrer ni à effectuer une tâche soutenue
  • Vous aviez beaucoup plus d'énergie que d'habitude
  • Vous étiez beaucoup plus actif ou faisiez beaucoup plus de choses que d'habitude
  • Vous étiez beaucoup plus sociable ou communicatif que d’habitude ; par exemple, vous téléphoniez à des amis au milieu de la nuit
  • Votre intérêt pour la sexualité était beaucoup plus grand que d'habitude
  • Vos actions étaient inhabituelles pour vous ou auraient pu être jugées comme exagérées, irresponsables ou risquées par d'autres personnes
  • Vos dépenses d’argent vous ont attiré des ennuis, à vous ou à votre famille

Question 2 (répondre par OUI ou NON)

Si vous avez répondu OUI à plus d'une des questions ci-dessus, plusieurs de ces événements se sont-ils produits au cours de la même période ?

Question 3

Ces événements vous ont-ils posé des problèmes au point de ne pas pouvoir travailler, d'avoir des problèmes familiaux, financiers ou juridiques ; de vous quereller ou de vous battre ?

Choisissez une seule réponse :

  • Aucun problème
  • Problème mineur
  • Problème modéré
  • Problème sérieux

Question 4

Est-ce que l'un ou plusieurs de vos proches parents (c'est-à-dire enfant, frère, sœur, parents, grands-parents, tante ou oncle) souffre(nt) de maladie maniacodépressive ou de trouble bipolaire ?

Question 5

Un professionnel de la santé vous a-t-il jamais dit, que vous souffriez d'une maladie maniacodépressive ou d'un trouble bipolaire ?

Si vous répondez OUI à 7 ou plus des 12 items de la question 1, OUI à la question 2 et modéré ou sérieux à la question 3, le test est positif.

Ce test a été créé uniquement afin de faire du dépistage.

Attention les résultats doivent être confirmés par un psychiatre ou l’un des centres experts fondamental.

😍 Centres Experts Fondamental

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Index de bipolarité

Ce n'est pas parce qu'on présente des fluctuations de l'humeur que l'on est atteint de trouble bipolaire. L'index de Sachs permet de « peser » en quelque sorte le trouble. À 100, la maladie est certaine selon cette méthode, à 10 on peut s'interroger sur la réalité du trouble. (Attention nous vous recommandons de vous faire diagnostiquer en parallèle par un psychiatre)

Évaluation en 5 dimensions cotées de 0 à 20 pour à un index de bipolarité variant de 0 à 100.

1. Caractéristiques de l’épisode (sur 20)

20 Épisode documenté maniaque aigu ou mixte avec prédominance de l'euphorie, d'idées grandioses ou d'expansivité excessive, sans notion de cause médicale générale ou de cause étiologique secondaire
15 Épisode aigu et franc de type mixte, ou manie irritable ou dysphorique, sans notion de cause médicale générale ou de cause étiologique secondaire10Hypomanie ou cyclothymie franche sans cause médicale générale ou de cause étiologique secondaire
10 Manie secondaire à l'utilisation d'antidépresseur
5 Hypomanie franche secondaire à l'utilisation d'antidépresseur
5 Épisodes caractéristiques d'hypomanie mais dont les symptômes, la durée ou l'intensité sont atténués par rapport à un épisode franc d'hypomanie ou de cyclothymie
5 Épisode dépressif unique avec manifestations psychotiques ou signes atypiques : hypersomnie, hyperphagie, impression de jambes lourdes ?5 Dépression du post-partum5Dépression unipolaire typique et récurrente
2 Absence d'excitation, de dépression récurrente et de psychose
TOTAL    /20

2. Age de début (premier épisode) (sur 20)

20 15 à 19 ans
15 Avant 15 et entre 20 et 30 ans
10 30 à 45 ans
5 Après 45 ans
TOTAL /20

3. Évolution, troubles associés (sur 20)

20 Intervalle libre entre épisodes maniaques de très bonne qualité (récupération complète)
15 Intervalle libre entre épisodes hypomaniaques de très bonne qualité (récupération complète)
15 Intervalle libre entre épisodes maniaques de qualité moyenne (récupération partielle)10Abus de substance
10 Manifestations psychotiques durant les épisodes aigus10Antécédents judiciaires en rapport avec un épisode maniaque
5 Dépression récurrente avec trois épisodes ou plus de dépression majeure
5 Hypomanies récurrentes et intervalle libre de qualité moyenne (récupération partielle)
5 Mauvaise observance du traitement5Personnalité borderline, troubles anxieux, troubles des conduites alimentaires, hyperactivité avec déficit de l'attention
5 Comportements à risque qui posent un problème pour le patient, la famille et les amis de l'attention
2 Personnalité hyperthymique (mais sans manie ou dépression)
2 Deux, trois mariages ou plus incluant des remariages avec la même personne
2 A commencé un nouveau travail dans les deux dernières années ou plus et en a changé moins d'un an après
2 À plus de deux diplômes d'études supérieures
0  Aucune de ces manifestations
TOTAL    /20

4. Réponse au traitement (sur 20)

20 Stabilisation avec 4 semaines de traitement par un régulateur de l'humeur
15 Stabilisation après 12 semaines de traitement par un thymorégulateur ou rechute dans les 12 semaines qui suivent l'arrêt d'un thymorégulateur
15 Virage vers une manie aiguë ou mixte dans les 12 semaines qui suivent le début d'un traitement par antidépresseur ou l'augmentation de sa posologie
10 Aggravation d'un état dysphorique ou mixte durant un traitement par antidépresseur10Réponse partielle après 12 semaines de traitement par un ou deux thymorégulateurs
10 Cycle rapide induit ou aggravé par un antidépresseur5Résistance à un traitement par 3 antidépresseurs ou plus5Virage maniaque ou hypomaniaque après un arrêt brutal d'un traitement antidépresseur
0 Aucun de ces éléments ou aucun traitement
TOTAL    /20

5. Histoire familiale (sur 20)

20 Au moins 1 parent du 1er degré ayant un trouble bipolaire documenté
15 Un parent de second degré ayant un trouble bipolaire documenté10Un parent du 1er degré ayant un trouble unipolaire documenté et un comportement suggérant un trouble bipolaire
10 Un parent du 1er degré ayant un trouble unipolaire documenté ou un trouble schizo affectif
10 Un parent du second degré ayant un trouble unipolaire documenté et un comportement suggérant un trouble bipolaire
5 Un parent du 1er degrés avec histoire documentée de dépendance à des toxiques
5 Un parent du 1er degré avec trouble bipolaire possible
5 Un parent du 1er degré avec trouble unipolaire possible
0 Aucun de ces éléments ou aucun antécédent psychiatrique familial
TOTAL    /20

TOTAL /100

Attention les résultats doivent être confirmés par un psychiatre ou le centre experts fondamental pour un diagnostic. Prenez aussi en compte que pour l'instant en 2022 il n'existe pas de test sanguin ou génétique cela veut donc dire que nous ne pouvons jamais être sure à 100% d'être une personne bipolaire. 

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Le questionnaire auto-administré HCL-32 : checklist d’hypomanie

C’est la prise de conscience des phases d’hypomanie qui est au cœur des problèmes de diagnostic : les patients n’en parlent pas, et les psychiatres ne pensent pas toujours à la rechercher en cas de dépression. 

De plus, pour les spécialistes, les critères du DSM IV ont une haute spécificité et une faible sensibilité pour la bipolarité de type 2, à cause de leur définition de l’hypomanie. 

Celle-ci fait débat depuis les années 70, notamment sur le critère de la durée des symptômes. 

Ils doivent durer au moins 4 jours selon la définition du DSM IV, mais plusieurs études cliniques recommandent de parler d’hypomanie à partir d’une durée de 2 jours. 

En effet, selon une étude de Angst et al.. de 2003, il n’y a pas de différence sur les autres indices de la bipolarité, que la durée des hypomanies soit de 1 à 3 jours, ou de plus de 4.

Ces indices étant :

  • l’historique familial de manie et de dépression
  • les diagnostics de dépression
  • les tentatives de suicide
  • les infractions pénales
  • les problèmes de dépendance (alcool, drogue...)

Le questionnaire basé sur les critères du DSM IV (SCID ?) laisse donc passer de nombreux cas de bipolarité qui sont confondus avec des dépressions unipolaires. 

La piste explorée par la checklist d’hypomanie de Jules Angst - HCL32 - fût de créer un questionnaire centré sur l’hypomanie, avec une définition plus souple. Les symptômes doivent durer au moins 2 jours au lieu de 4. 

Elle distingue la bipolarité des dépressions majeures unipolaires avec une sensibilité de 80% et une spécificité de 51%. 

Même si ça spécificité est faible, elle peut donc être utile comme filtre dans l’objectif de déclencher une analyse plus poussée avec un spécialiste. 

Utiliser le tempérament comme critère de diagnostic

Les périodes entre les phases de manie, hypomanie ou dépression (Euthymie ?) ne sont généralement pas des intervalles totalement libres de symptômes. Il y a généralement une dérégulation du tempérament qui persiste entre ces phases, à différents degrés : Des tempéraments cyclothymiques, hyperthymiques, dépressifs ou irritables mais à un degré en deçà d’une phase bipolaire. (Akiskal, 1981, 1992)

L’étude EPIDEP a comparé les tempéraments de personnes unipolaires et Bipolaires de type 2. Les bipolaires II ont tendance à avoir un tempérament cyclothymique ou irritable. Tandis que les personnes unipolaires ont plus souvent un tempérament dépressif ou hyperthymique que les Bipolaire II. De plus, l’âge de la première dépression était significativement plus jeune pour les Bipolaires de type 2. 

Une analyse du tempérament des personnes atteintes de dépression pourrait donc aider à distinguer les dépressions unipolaires des dépressions d’origine bipolaires avant même qu’une phase hypomaniaque se manifeste, notamment chez les personnes jeunes lors de leur première dépression. 

En conclusion

Une palette d’outils de diagnostics est aujourd’hui à la portée des psychiatres. Ils sont encore peu utilisés hormis par les spécialistes de la bipolarité.

Pourtant beaucoup de dépressions d’origine bipolaire sont confondues avec des dépressions unipolaires. Les traitements administrés, inadaptés, ont donc souvent pour effet d’aggraver les choses avant que le diagnostic correct soit enfin posé.

J’espère qu’ils seront de plus en plus connus. Et qu’en tant que patient, cela nous permettra sans doute d’être plus actifs dans la relation que nous avons avec nos psychiatres.

Ces tests sont un premier avis mais ne constitue en aucun cas un diagnostic, nous vous recommandons de demander l'aide d'un psychiatre ou de centres experts en France. Pensez aussi à revenir aux basiques avec la définition et les symptômes du trouble bipolaire.

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“Ma mission aider les bipolaires au quotidien.”
Clement Baissat
Clément Baissat
Fondateur @HopeStage

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