Bipolarité

20 signes d'une bipolarité : comment les repérer et agir

Reconnaître un signe d'une bipolarité permet d'intervenir tôt, de réduire les dégâts et de mieux gérer ses cycles. Ce guide liste 20 signes fréquents (10 liés aux phases hautes, 10 liés aux phases basses), explique pourquoi ils apparaissent et propose des actions concrètes pour se protéger et demander de l'aide.

Qu'est-ce qu'un signe d'une bipolarité et pourquoi les repérer ?

Un signe d'une bipolarité est un changement notable dans l'humeur, l'énergie, le comportement ou les pensées qui annonce le début d'une phase hypomaniaque/maniaque ou dépressive. Les repérer sert à :

  • Prendre des mesures préventives (rituel du sommeil, éviter dépenses, parler à un pro).
  • Réduire les risques (conduites à risque, dettes, isolement prolongé).
  • Communiquer clairement avec l'entourage et les soignants.

Comment utiliser cette liste

Notes les signes que tu remarques régulièrement. Un seul signe isolé ne suffit pas, mais l'apparition de plusieurs signes sur quelques jours mérite attention. À la fin, trouves une mini-checklist pour suivre tes propres signaux d'alerte.

1. Insomnie anormale ou diminution du besoin de sommeil

Dormir 3 à 4 heures et se sentir plein d'énergie est un signe fréquent de phase haute. Astuce : prioriser le sommeil et demander à un proche de signaler toute chute de sommeil.

2. Hypersexualité ou sexualité plus impulsive

Désir sexuel augmenté, comportements à risque, infidélités ou dépenses liées au sexe. Mesure : verrouiller comptes, éviter lieux/contacts à risque, prévenir un proche de confiance.

3. Irritabilité et accès de colère disproportionnés

Explosions d'énervement sans proportion avec la situation. Conseil : techniques de respiration, pause, s'éloigner de situations conflictuelles.

4. Pensées qui filent, idées en rafale

Esprit qui saute d'une idée à l'autre, difficulté à suivre sa propre pensée. Méthode : écrire rapidement les idées pour les trier plus tard.

5. Distractibilité extrême

Difficulté à rester concentré, passer d'un projet à l'autre sans finir. Solution : limiter distractions, liste de tâches très courte (1 à 3 items).

6. Sentiment de toute-puissance ou d'invincibilité

Croire que rien ne peut échouer, prises de risques importantes. À faire : demander un avis externe avant décisions majeures.

7. Dépenses impulsives

Achats excessifs justifiés sur le moment, regret après coup. Prévention : bloquer les cartes, désactiver achats en ligne, informer un tiers de confiance.

8. Augmentation de la consommation (alcool, drogues, nourriture)

Désinhibition et usage accru de substances. Action : éviter lieux/amis associés à la consommation, consulter une aide spécialisée si nécessaire.

9. Énergie débordante et hyperactivité

Multiplication de projets, sentiment de pouvoir accomplir beaucoup. Risque d'épuisement ou d'interruption brusque. Ralentir volontairement, planifier des pauses.

10. Déni des changements observés par l'entourage

Les proches voient des changements que la personne minimise. Stratégie : garder une trace objective (journal, enregistrements) pour comparer.

11. Perte de plaisir (anhédonie)

Ce qui apportait de la joie n'en apporte plus. Important à noter car souvent l'un des premiers signes d'une phase basse.

12. Tristesse profonde et persistante

Sentiment de vide ou de cassure sans cause claire. Parler à quelqu'un et noter l'intensité quotidienne peut aider le professionnel.

13. Fatigue extrême et hypersomnie

Dormir beaucoup mais rester épuisé. Réduire sollicitations, consulter pour ajuster traitement si nécessaire.

14. Isolement social

Se retirer, annuler rendez-vous, ne plus répondre aux messages. Inviter des personnes de confiance et accepter de l'aide pratique.

15. Changements d'appétit

Manger beaucoup plus ou beaucoup moins. Suivre poids et habitudes alimentaires pour détecter une tendance.

16. Baisse de l'hygiène et de la motivation pour les tâches quotidiennes

Oublier ou éviter se laver, ranger, faire des courses. Fractionner les tâches en petites étapes (exemple : 5 minutes pour se laver).

17. Troubles du sommeil (trop ou pas assez)

Sommeil fragmenté, réveils précoces ou insomnies répétées. Un rythme irrégulier signale souvent un basculement.

18. Difficultés cognitives et décisionnelles

Ralentissement mental, brouillard, prise de décision qui devient une montagne. Ralentir, demander un accompagnement médical.

19. Douleurs physiques inexpliquées

Maux de dos, tensions, douleurs abdominales sans cause médicale claire. Le stress et la dépression peuvent se manifester physiquement.

20. Pensées sombres ou pensées suicidaires

Idées de inutilité, pensées répétées « à quoi bon ». Ces signes exigent une réaction immédiate : parler à un proche, contacter un professionnel ou les services d'urgence si le risque est imminent.

Checklist pratique pour suivre tes signes

  1. Tenir un journal quotidien (humeur, sommeil, énergie, impulsions) pendant 4 semaines.
  2. Noter la fréquence et l'intensité (faible/modérée/forte) pour chaque signe observé.
  3. Définir un seuil d'alerte : par exemple 3 signes modérés en 7 jours ou 1 signe fort = action.
  4. Préparer un plan d'action : qui contacter, quelles mesures prendre (médication, rendez-vous, blocage de cartes).
  5. Partager le plan avec une personne de confiance ou un soignant.

Que faire quand on repère ces signes ?

- Si les signes sont légers : renforcer routines (sommeil, alimentation), limiter stimulants, suivre votre journal.

- Si plusieurs signes apparaissent ou s'intensifient : contacter votre médecin, psychiatre ou un service de santé mentale pour ajuster le suivi.

- En cas de pensées suicidaires, perte de contrôle, comportement dangereux ou psychose : contacter immédiatement les services d'urgence locaux, votre médecin traitant ou une ligne d'écoute nationale.

Erreurs fréquentes et idées reçues

  • Confondre créativité et hypomanie. Une période productive n'est pas automatiquement saine si elle s'accompagne d'insomnie, dépenses, ou comportements à risque.
  • Attendre que "ça passe". Les épisodes peuvent s'aggraver sans intervention.
  • Penser que c'est une faiblesse personnelle. Ce sont des symptômes médicaux qui méritent une prise en charge.
  • Se fier uniquement à la mémoire. Les notes quotidiennes donnent une vision plus fiable que la perception rétroactive.

Résumé et actions immédiates

Un signe d'une bipolarité peut être minime ou grave. Repérer tôt permet d'agir : tenir un journal, établir un plan d'alerte, avertir une personne de confiance et consulter un professionnel. Si la sécurité est menacée, contacter les services d'urgence ou une ligne d'écoute immédiatement.

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